dimanche 22 février 2026
En pleine année électorale majeure pour l’Asie (Bangladesh, Bhoutan, Pakistan, Taïwan, Indonésie, Sri Lanka, Mongolie, Cambodge, Inde, Corée du Sud…), certaines capitales asiatiques observent de près le déroulé de ces rendez-vous politiques, avec l’espoir intéressé que le parti politique ayant leur préférence emporte le scrutin. Au premier rang desquelles se trouve Pékin, qui s’intéresse ces derniers jours aux scrutins qui viennent de se dérouler aux Maldives (Asie du Sud) et aux Îles Salomon (Océanie), à la politique pro-Chine.
L’été dernier, le Vietnam et le Vatican ont franchi une nouvelle étape vers des relations diplomatiques officielles. La prochaine pourrait être une visite du pape, ce qui favoriserait une nouvelle ère pour Hanoï selon les analystes. Le président sortant Vo Van Thuong a invité le pape officiellement l’an dernier, en même temps que la signature de l’accord sur le nouveau représentant pontifical résident. Pourtant, certains comme l’universitaire Bradley Murg estiment que « la grande question est de savoir si le Vietnam est un précurseur de la Chine : selon moi, la réponse est non ».
Dans l’actualité de la semaine en Asie : Une vague de chaleur affecte des centaines de millions d’habitants d’Asie du Sud et du Sud-Est depuis plusieurs semaines ; le taux de participation moyen des élections indiennes a dépassé 60 % durant la première phase du scrutin ; le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est rendu en Chine cette semaine ; dans une interview télévisée avec une chaîne du Kerala, le Premier ministre Narendra Modi a déclaré avoir invité le pape François à se rendre en Inde ; en début de semaine, des inondations importantes ont frappé le sud-est de la Chine.
Le 21 avril dernier, toutes les églises du Sri Lanka ont marqué deux minutes de silence en mémoire des victimes des attentats il y a cinq ans. Parmi les initiatives de l’Église locale pour les honorer et commémorer les attaques, une pétition a rassemblé 50 000 signatures afin d’appeler à reconnaître comme martyrs les 171 catholiques tués en 2019. Sur 279 victimes, on compte en effet 171 fidèles sri-lankais qui participaient aux célébrations pascales il y a cinq ans dans les églises Saint-Sébastien et Saint-Antoine de Colombo.
Une messe en décembre 2023 à l’église catholique de la Sainte-Croix, à Basti Saiden Sah, Lahore.
Mgr Emmanuel Kanon Rozario, président de la Commission épiscopale bangladaise pour le séminaire, le 19 avril lors du 50e anniversaire de l’unique séminaire du pays.
Les 20 et 21 avril, plusieurs célébrations, processions et autres commémorations ont eu lieu à travers le Sri Lanka en mémoire des victimes des attentats de Pâques 2019. Le cardinal Malcom Ranjith, archevêque de Colombo, a notamment annoncé que les noms de tous les chrétiens tués lors des attaques ont été remis au nonce apostolique. L’Église locale espère pouvoir leur décerner un jour la palme du martyre. En attendant, le cardinal Ranjith ainsi que l’ONU ont une nouvelle fois demandé des enquêtes « transparentes » sur les attentats.
Alors que le marathon électoral national vient de débuter le 19 avril pour six semaines, le Forum chrétien uni, qui représente trois organisations chrétiennes dont la Conférence épiscopale indienne, souligne que les 950 millions d’électeurs ont l’opportunité de choisir des représentants « qui soutiennent les principes constitutionnels » comme « le pluralisme et la laïcité ». Selon Mgr Machado, archevêque de Bangalore, « si les chrétiens ne vont pas voter, il sera inutile de se plaindre ensuite des persécutions antichrétiennes ».
Les évêques catholiques indiens ont publié de nouvelles orientations pour les établissements catholiques du pays, dont des suggestions afin de mieux défendre le respect de toutes les confessions religieuses. Ils proposent notamment de réciter le Préambule de la Constitution tous les matins dans les écoles catholiques. L’objectif est de protéger le « sécularisme », la laïcité indienne, et de « rappeler l’importance de la tolérance religieuse et du traitement équitable de toutes les religions » selon le principe d’une société pluraliste.
Alors que débutent les élections indiennes, le cardinal Poola, archevêque d’Hyderabad, observe les réactions des médias face à la nouvelle déclaration du Vatican sur la dignité humaine. Alors que les médias sont « focalisés sur les questions comme la théorie du genre, le changement de sexe et la GPA », il invite à ne pas oublier la question du « drame de la pauvreté » soulevée par le document, et à se confronter au contexte socioculturel et religieux derrière le fait que « tant d’Indiens vivent encore dans des conditions inhumaines ».
Dans l’actualité de la semaine en Asie : la Thaïlande a célébré Sangkran, le Nouvel an bouddhiste ou « festival de l’eau », durant trois jours en pleine vague de chaleur ; dix ans après le naufrage du Sewol et un an et demi après la bousculade d’Itaewon, les évêques sud-coréens appellent à des « réformes fondamentales » pour assurer la sécurité des citoyens ; la première phase des élections générales indiennes a débuté ce vendredi 19 avril ; l’ancienne conseillère d’État Aung San Suu Kyi, 78 ans, a été transférée en résidence surveillée cette semaine selon une annonce de la junte qui évoque des « fortes chaleurs ».
Après l’annonce de la venue prochaine du pape François dans la région Asie-Pacifique, le cardinal William Goh, archevêque de Singapour, a fait part de son espérance que la visite du Saint-Père dans la cité-État, du 11 au 13 septembre, « apporte une ferveur renouvelée à tous les catholiques de Singapour ». Dans un communiqué, le cardinal Goh a encouragé la population de Singapour à s’unir et à prier pour la visite prochaine du pape.