samedi 24 octobre 2026
Du 25 au 30 mai, durant la visite ad limina de la Conférence épiscopale Cambodge-Laos, les évêques cambodgiens ont remis au Vatican quelque 2 500 pages de témoignages et archives historiques, collectés dans le cadre de l’enquête diocésaine sur la cause de béatification de Mgr Joseph Chhmar Salas et ses 11 compagnons, martyrs des années sombres de la guerre et des Khmers Rouges entre 1970 et 1977. Comme l’a rappelé Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, « ces pages racontent leur parcours héroïque ».
Mgr Jean-Baptiste Nguyen Quang Tuyen, nommé évêque auxiliaire de Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville) le 11 avril, avait publié sa devise et son blason, mais les internautes ont vite remarqué des anomalies créées par intelligence artificielle, même la devise latine étant erronée. Le choix d’un blason épiscopal généré par IA a non seulement suscité des plaisanteries en ligne, mais interroge aussi à l’ère des contenus illimités en ligne, et surtout alors que vient de paraître la nouvelle encyclique « Magnifica Humanitas ».
La semaine dernière a eu lieu le rendez-vous triennal de l’Enseignement catholique de Hong-Kong, en présence de plus de 1 200 enseignants. Organisé en présence du cardinal Stephen Chow, quelques jours avant la publication de la nouvelle encyclique Magnifica Humanitas, l’événement invitait à réfléchir à l’utilisation en hausse de l’intelligence artificielle dans les écoles. L’évêque de Hong-Kong a défendu une culture de vie et d’espérance, contre une éducation dominée par l’hypercompétitivité et les besoins du marché.
Dans sa première encyclique, « Magnifica Humanitas », le pape Léon XIV met en garde contre les dérives d’un monde façonné par l’intelligence artificielle et les monopoles numériques. Le père Titus Mohan, prêtre du diocèse de Kuzhithurai dans le sud de l’Inde, auteur et doctorant en théologie morale, propose un commentaire de ce texte de 224 pages, qui inscrit les défis technologiques contemporains dans la continuité de la doctrine sociale de l’Église et appelle à défendre la dignité humaine face au risque d’une « nouvelle Babel ».
Dans l’actualité de la semaine en Asie : selon un nouveau recensement, la population du Japon a diminué de plus de 3 millions d’habitants entre 2020 et 2025 ; le Dialogue de Shangri-La, le principal sommet asiatique sur la sécurité, a lieu à Singapour du 29 au 31 mai dans un contexte de fortes tensions géopolitiques ; le général birman Min Aung Hlaing se rendra en Inde du 30 mai au 3 juin, pour son premier voyage officiel à l’étranger depuis son accession à la présidence ; le Vietnam appliquera dès juillet un nouveau décret renforçant le contrôle des contenus publiés en ligne.
De moins en moins de jeunes femmes bangladaises choisissent une vie de silence et de prière dans les couvents cloîtrés. Aujourd’hui, on ne trouve plus que deux communautés contemplatives dans le pays, avec des religieuses souvent vieillissantes et dont les responsabilités s’accumulent. Le monastère de Mymensingh et celui de Dinajpur, dans le nord du Bangladesh, forment ensemble une présence contemplative dans ce pays d’Asie du Sud à très large majorité musulmane.
Un prêtre vivant en République populaire de Chine a écrit une lettre anonyme sur les « règles administratives » qui empêchent les moins de 18 ans de participer à des activités religieuses. La Constitution chinoise garantit la liberté de culte, sans aucune restriction d’âge. Pourtant, aujourd’hui, les enfants chinois peuvent entrer seuls dans un centre commercial, mais pas dans une église. Parallèlement, la Chine fait face à des tendances inquiétantes telles que la dépression chez les adolescents, le harcèlement scolaire et la perte des valeurs.
Au Vietnam, où près de la moitié des 27 diocèses ont leur sanctuaire marial, le mois de mai donne lieu à de nombreuses processions, prières et offrandes florales dédiées à la Vierge. Cette tradition héritée des missionnaires est devenue « un exemple réussi d’inculturation ». Dans la culture vietnamienne, selon Mgr Joseph Vu Van Thien, archevêque de Hanoi, l’image de la mère symbolise « le fondement de la famille et de la société », d’où l’attachement des Vietnamiens à la Vierge, y compris parmi les non-catholiques.
La semaine dernière, les évêques indiens ont condamné l’assassinat de trois responsables baptistes Kukis dans l’État du Manipur, au nord-est de l’Inde, où les tensions ethniques et religieuses persistent depuis 2023. Initialement centré sur les affrontements entre les Kukis chrétiens et les Meiteis hindous, le Manipur connaît désormais des tensions croissantes entre Kukis et factions Nagas, elles aussi en grande partie chrétiennes. Les Églises locales craignent un effondrement de l’unité chrétienne dans une région déjà meurtrie.
La Journée mondiale de prière pour l’Église en Chine est célébrée ce dimanche 24 mai et coïncide cette année avec la solennité de la Pentecôte. À cette occasion, le missionnaire et sinologue Gianni Criveller rappelle le témoignage du P. Robert Greene, emprisonné dans le Guangxi dans les années 1950 : « Les catholiques doivent faire connaître les témoignages des confesseurs et martyrs de Chine, afin qu’ils puissent nourrir la foi des communautés chrétiennes à travers le monde. » Par ailleurs, une semaine après le sommet Xi-Trump à Pékin, l’échec du président américain à obtenir la libération de Jimmy Lai rappelle la fragilité persistante des libertés à Hong-Kong malgré les pressions internationales. Enfin, cette rencontre a ravivé les inquiétudes de Taïwan face aux ambiguïtés américaines et aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.
Avant sa rencontre de mai avec Xi Jinping à Pékin, Donald Trump avait promis d’évoquer le sort de Jimmy Lai, l’ancien patron de presse toujours emprisonné à Hong-Kong. S’il a bien évoqué le sort des prisonniers politiques, sa venue en Chine n’a pas permis de trouver d’accord sur la libération de cette figure du mouvement prodémocratie hongkongais. Malgré l’échec, Claire Lai, fille du milliardaire, déclare que sa famille reste « reconnaissante » pour ce soutien et prie pour que Xi « voie la sagesse qu’il y aurait à libérer » son père.
Le sommet Xi-Trump, organisé mi-mai à Pékin, a été suivi avec une attention particulière à Taïwan. Entre déclarations contradictoires sur les ventes d’armes américaines, ambiguïtés sur un éventuel soutien militaire à l’île et volonté affichée d’éviter toute confrontation avec Pékin, les propos du président américain ont ravivé les interrogations à Taipei. Malgré les tentatives de clarification de Washington et les assurances répétées des autorités taïwanaises, ce déplacement nourrit les doutes sur les engagements américains face aux ambitions chinoises.